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Du 05 mars au 30 avril 2010, Marcial Avila exposait au CLA à Besançon. Loin des clichés habituellement véhiculés, Marcial Avila
donne à voir un côté méconnu du Brésil.
Spécialiste de la culture afro-brésilienne, il s’intéresse
plus particulièrement à ces femmes, descendantes d’hommes arrachés à leur terre
d’origine, qui malgré toute la violence et l’oppression inhérentes à
l’esclavage ont su préserver leur racines.
Marcial peint et dépeint celles qui, de nos jours encore, maintiennent
des traditions héritées de l’Afrique, tout en affirmant les conséquences de
l’esclavage sur la culture brésilienne.
Mulheres do Rosario  Chercheur, spécialiste des
études africaines et afro-brésiliennes, l’artiste Marcial Avila puise son
inspiration dans "les Femmes du Rosaire" (traduction littérale de Mulheres do Rosario) qui revêtent, à
l’occasion des fêtes religieuses, les couleurs et la sensualité de leur terre
d’origine. La confrérie da Nossa Senhora do Rosario dos Homens Pretos (Notre Mère du Rosario des Hommes Noirs)
est une des plus anciennes organisations religieuses du Brésil. Au XVIIIème siècle, elle
fut exclusivement composée d’esclaves noirs puis de leurs descendants. Au sein de cette communauté, la mise en valeur de la femme était très ordinaire puisque,
d’origine africaine, elle préservait encore les caractéristiques des
sociétés matriarcales. Les femmes se paraient de
turbans, de couleurs, de tissus colorés et affichaient ainsi à la fois leur foi
et leur sensualité. C’est ainsi que les noirs,
aussi bien hommes que femmes, pouvaient manifester leur « négritude »
de manière déguisée.
C’est dans cet univers merveilleux
que l’artiste puise son inspiration et réalise la série « Mulheres do
Rosario », comme une relecture en hommage aux femmes noires qui firent
l’histoire et créèrent la tradition au moyen d’une résistance pacifique,
assumant les traces phénotypiques de leurs origines, les tresses élaborées et
la texture de leurs cheveux. De cette manière elles ont
su préserver leurs identités et ont créé un spectacle religieux d’une étrange
exubérance : le cortège de la confrérie de Nossa Senhora do Rosario.
Marcial Avila
Marcial Avila est
originaire de la ville de Diamantina (inscrite au patrimoine mondial de
l’UNESCO) dans l’état du Minas Gerais au Brésil. Durant son enfance il a
assisté à ces festivités religieuses et y a ensuite participé de manière
concrète en créant des étendards et des figurines pour les cortèges de cette
confrérie. Une série de sept tableaux
et trois panneaux racontant l’Histoire de la fameuse esclave sacralisée, Chica
da Silva, « la reine du Tejuco », se trouve exposée dans le musée de
cette ville ; don de l’artiste qui très tôt s’est intéressé et a étudié la
culture afro-brésilienne.
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