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A voir dans la médiathèque de l'association

 Le besouro est un insecte qui, par ses caractéristiques, ne devrait pas voler, mais il vole bel et bien...

Besouro est aussi le nom du plus grand capoeiriste de tous les temps. Un jeune homme qui, en s’identifiant à l’insecte qui défie les lois de la physique, défia lui-même les lois cruelles du préjugé et de l’oppression. Un mythe, un super héros.

Le film Besouro, qui raconte son histoire, est une épopée dans laquelle fantaisie et registre historique se mêlent dans le décor éblouissant du Recôncavo Bahianais des années 20.

Inspiré par des faits réels, Besouro est un film d’aventure, passion, mysticisme et courage sur ce personnage réel qui devint légende. Il est à la capoeira, ce que les films chinois contemporains comme Hero ou Tigres et Dragons sont aux arts martiaux orientaux : un spectacle d’aventure, où la passion, le mysticisme et l’émotion ont une importance centrale.

Le DVD du film est aujourd’hui disponible en version originale (portugais avec sous titrage en anglais) dans les bacs de la médiathèque de l’association. L’occasion pour les capoeiristes franc-comtois de découvrir une partie de l’histoire du Brésil au travers de la vie d’un des plus grands noms de la capoeira, tout en travaillant leur portugais... 

 

L’histoire...

Quand Manoel Henrique Pereira naquit, il n’y avait pas dix ans que le Brésil avait été le dernier pays du monde à libérer ses esclaves.

En ces temps de post-abolition, tant de noirs continuaient à vivre en marge de la société que beaucoup d’entre eux se questionnaient encore sur ce qu’avait été la liberté : une bonne affaire, en fait... Finalement, avant 1888, ils n’étaient pas des citoyens, mais avaient à manger et une maison où habiter. Après l’abolition, apparut un grand nombre de brésiliens libres, mais désoeuvrés et sans toits. La majeur partie n’étant pas formés à travailler pour d’autres travaux que ceux qu’ils réalisaient à l’époque de l’esclavage. Et presque tous, n’avaient encore pas conscience de leur citoyenneté. Le résultat de cette situation, principalement dans les régions rurales, où se trouvaient les fabriques de sucre et les plantations de café, fut l’apparition d’une grande incertitude des noirs libres qui continuaient, même des années après l’abolition, à se soumettre aux abus et exigences perpétués par les grands fermiers et propriétaires de fabriques.

Ainsi était la société rurale brésilienne de 1897, l’année où Manoel Henrique Pereira, fils des anciens esclaves João Grosso et Maria Haifa, naquit dans la ville de Santo Amaro da Purificação dans le Recôncavo Bahianais.

Vingt ans plus tard, Manoel était déjà plus connu dans la ville comme Besouro Manganga - le Besouro Corde d’Or -, un jeune homme fort et courageux, qui ne savait ni lire ni écrire, mais qui jouait la capoeira comme personne et ne se laissait pas marcher sur les pieds.

Comme presque tous les noirs de Santo Amaro de l’époque, il vivait de sa fonction dans une ferme de la région, travaillant dans les champs de canne à sucre de la fabrique. Mais, contrairement à la majorité d’entre eux, il n’avait pas peur des patrons. Et ce furent justement les heurts avec ses employeurs - et plus tard avec la police - qui firent sa réputation et commencèrent à inscrire son immortalité dans la culture noire brésilienne.

 Il y a peu de registres officiels sur son histoire, mais on suppose que le comportement peu docile du capoeiriste fut interprété par les autorités de l’époque comme une vraie subversion. Çà n’est pas par hasard, si les histoires sur lui racontent des épisodes de bagarres grandioses avec la police, au cour desquelles il en sortait toujours le meilleur, même quand il affrontait les balles en pleine poitrine. Des récits de fuites spectaculaires, souvent inexpliquées, furent à l’origine de son surnom principal : Manganga est une dénomination régionale pour un type de coléoptère qui produit une piqûre douloureuse. Le capoeiriste était donc, « celui qui battait et disparaissait ». Et disparaissait comment ? En volant, disait-on...

Des histoires comme celles là, vraies ou pas, construirent petit à petit la réputation de Besouro, qui se transforma en mythe - et un symbole de la lutte pour la reconnaissance de la culture noire brésilienne - dans les années qui succédèrent sa mort.

 Mort qui eut lieu, également, lors d’un épisode très controversé. On sait qu’il fut poignardé après une bagarre avec les employeurs d’une ferme. Les registres policiers de Santo Amaro indiquent qu’il fut victime d’une embuscade préparée par le fils d’un fermier, duquel il était mécontent. Selon la légende, Besouro mourra parce qu’il fut atteint par un couteau de ticum, un bois noble et dur, étant connu dans l’univers de la religion afro-brésilienne comme le seul capable de tuer un homme au « corps fermé ».

Et Besouro, le mythe, était certainement l’un d’entre eux.

 
Ritmo da Capoeira - Besançon - 06 80 91 30 34